En votant contre la construction des minarets dimanche, les Suisses ont fait mentir les sondages et ont créé de vives réactions au-delà des frontières helvétiques.
Que sont les minarets, et pourquoi tant de polémique autour de ce sujet?
Les minarets sont un élément architectural des mosquées. Il s'agit d'une tour élevée dont le but est de fournir au muezzin (ndlr : membre de la mosquée), un point en hauteur, pour les 5 appels à la prière par jour. On peut assimiler son rôle au clocher des églises chrétiennes, utilisé pour l'appel à la messe.
Ce dimanche, contrairement à ce qu'annonçaient les sondages, les Suisses ont votés à 57,5%, par référendum, pour l'interdiction de la construction de minarets, un vote lourd de conséquences. La majorité des 26 cantons helvétiques serait même favorable à la modification de l'article de la constitution sur la liberté religieuse, proposée par la droite populiste. Seuls 4 cantons sur les 26 s'y opposent. Les partisans à cette interdiction refusent, par ce choix, un «symbole apparent d'une revendication politico-religieuse du pouvoir, qui remet en cause les droits fondamentaux». Les Eglises catholiques et protestantes, ainsi que les communautés juives et musulmanes (l'Islam est, avec ses 50.000 pratiquants sur 400.000 musulmans, considérée comme la deuxième religion du pays, après le christianisme) n'ont pas attendu pour réagir à ce vote de la population suisse et condamner ce projet.
En France, la polémique sur la construction des minarets bat son plein depuis ce vote suisse. Un sondage de l'Ifop révèle que 46% des français seraient hostiles à la construction des ces tours, alors, qu'un autre de BVA pour Canal+ montre que 55% voterait contre l'interdiction des minarets, si un référendum avait lieu. Toujours selon BVA, 44% des sondés jugent la religion musulmane plus inquiétante que les autres religions, 1% moins inquiétante et 55% ni plus ni moins inquiétante que les autres religions. Ce vote de la peur risque de rebondir sur les débats français, comme celui de l'identité nationale, et le Front National profite de ce vote suisse, qui conforte ses idées de suppression des signes ostentatoires de l'Islam en France, pour revenir sur le devant de la scène.
Ce vote populiste n'a pas fini de faire couler beaucoup d'encre et de créer une vive polémique, alors que le climat se tend avec les musulmans du pays des Helvètes. Les Suisses semblent avoir exprimé tout haut ce que les Français pensent tout bas.
Elise DUFOURG

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