samedi 19 décembre 2009

Drogue : des salles spécialisées pour se « shooter »

Nouvelle bombe au Parti Socialiste, le député Jean-Marie Le Guen va proposer, au Conseil de Paris, la création de salles spécialisées afin d'accueillir les toxicomanes et les placer dans un « environnement sécurisé ».

Ce lundi 14 Décembre 2009, au Conseil de Paris, Jean-Marie Le Guen va plaider pour la mise en place d'établissements spécialisés d'accueil et d'accompagnement des toxicomanes lors de leur injection, où seront fournis tout le matériel de shoot, dont les seringues. « Ces salles permettraient de garantir aux consommateurs de drogue une sécurité sanitaire et sociale mais aussi de les réinsérer, d'être plus près d'eux, de les aider à décrocher », explique-t-il à lexpress.fr.
Les salles de « shoot » ne sont pas un nouveau concept. En effet, il en existe près de 80 rien qu'en Europe, dont la première fût ouverte en 1986, en Suisse, dans la ville de Berne et le pays compte aujourd'hui près d'un trentaine de salles spécialisées pour la consommation de drogues, l'Allemagne et les Pays-Bas, une vingtaine, l'Espagne en possède trois, et le Luxembourg et la Norvège viennent d'inaugurer leur premier centre . L'idée de l'installation de ces salles étaient de limiter et, a plus long terme, de mettre fin aux squatts qui faisaient office de lieu de « piqueries » et de lieu de consommation de drogues, et ainsi, limiter la propagation des maladies infectieuses (hépatites et SIDA) dû aux échanges de seringues.
Les toxicomanes seront encadrés par une équipe médicale qui leur prodiguera des conseils afin de mettre fin à leur addiction et les aider dans leur thérapie et leur démarche vers la désintoxication. Ce concept, bien que semblant efficace à l'étranger, laissent certains sceptiques. En premier lieu, l'accès à ces salles est limité aux usagers de crack et d'héroïne, et ceux occasionnels, mineurs ou débutants n'y sont pas admis, afin de limiter un usage plus grand des ces produits illicites. Et ces salles retarderaient l'entrée à des centres de désintoxication, et prendraient le risque de voir évoluer un trafic de drogues à petite échelle autour d'elles.
Une première salle de « shoot » va ouvrir ses portes à Paris et certaines viseraient les quartiers du 18ème et 19ème arrondissement de la Capitale, connus pour ses lieux de toxicomanies publiques. Le Conseil ayant donné son autorisation, un budget de 26.000 euros a été accordé à une association chargée de réaliser une expertise sur les salles de consommation.

Elise DUFOURG