Le 25 Novembre 2009 est sorti le dernier long-métrage d'Albert Dupontel, Le Vilain, avec, entre autre, l'actrice Catherine Frot.
Une fois n'est pas coutume, Albert Dupontel bouscule les conformismes plats et tristes du cinéma ordinaire avec Le Vilain. Cinéphile passionné aux références assumées et affichées (ndlr : Terry Gilliam et les frères Cohen des débuts), Dupontel signe ici son quatrième long métrage. L'histoire : un braqueur de banque revient, après 20 ans d'absence, trouver refuge chez sa mère Maniette (Catherine Frot). Naïve, bigote et luttant contre les promoteurs immobiliers venus détruire son quartiers, c'est la planque idéale pour Le Vilain. Jusqu'au jour où elle découvre la vraie nature de son fils. Elle décide de le remettre dans le 'droit chemin', de là, s'ensuit un duel impitoyable et burlesque entre le fils et la mère, sur fond de malédiction divine!
Dans le rôle du Vilain, Dupontel lui-même. Comme pour ses précédents succès cinématographiques (ndlr : Bernie en 1996, Le Créateur en 1999 et Enfermés dehors en 2006), le réalisateur se glisse dans le costume du personnage principal de l'histoire, un rôle qui s'est auto-écrit afin de faire vivre son ingéniosité tordue. Moins trash que Bernie et Le Créateur, ce qui démontre l'assagissement de Dupontel, Le Vilain n'en reste pas moins très acide. Au-delà des situations burlesques et hilarantes, ce long-métrage dénonce l'échec éducatif et les douleurs qu'il engendre, tant physiques que morales. Le réalisateur n'hésite pas à mettre le spectateur face aux pulsions de mort qui s'en suivent, le fils cherchant à plusieurs reprises d'assassiner sa mère, qui ne souhaite que mourir, considérant que la venue au monde de son garnement de fils l'a maudite au yeux du Seigneur. En effet, il peut lui arriver n'importe quel accident, elle s'en sort toujours sans la moindre égratignure, et la malheureuse se met en tête que Dieu lui en veut pour le mal provoqué par son fils.
Dupontel tisse un cartoon pour grands enfants pas sages, mélange d'humour noir et poétiquement sombre avec une pléiade de personnages aussi attachants que perturbants et déroutants. Le Vilain réunit touts les ingrédients qui ont fait le succès du réalisateur (cynisme, humour noir, anti-conformisme...), à la différence qu'il est tout public ne traumatise pas les enfants comme pourraient le faire Bernie ou Le Créateur. Pas de canari décapité et même la tortue s'en sort indemne. On admire Catherine Frot dans son rôle de mamie gâteau et on rigole devant les facéties et les douces vilénies d'un Dupontel déchaîné et diabolique à souhait. Bien que plus doux que les précédents, Le Vilain ne tombe pas dans le sentimentalisme sirupeux et larmoyant et reste d'un cynisme hilarant du début à la fin.
Drôle et grinçant à la fois! Le talent de Dupontel accessible à tout public, des plus jeunes au plus vieux! Un film agréablement noir et hilarant, à voir au plus vite!
Elise D.

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