vendredi 20 novembre 2009

L'humanité en bandes dessinées!
















La vie n'est qu'un « Combat ordinaire »!


Il y a des albums qui marquent pour le dessin, il y a des albums qui marquent pour le scénario. Et il y a ceux, parfois plus rares, qui marquent pour le dessin ET le scénario. « Le Combat ordinaire » fait parti de cette dernière catégorie de bandes dessinées. Editée en 2003, le premier tome de cette série de quatre a d'ailleurs reçu le prix du meilleur album 2004 au festival de la BD d'Angoulême.



“C’est l’histoire d’un photographe fatigué, d’une fille patiente, d’horreurs banales et d’un chat pénible”










L'auteur, Manu Larcenet, part d'éléments autobiographiques et présente au lecteur, Marco, photographe célibataire et lessivé, exilé dans sa campagne après avoir quitté son boulot et son psy. Entre les visites à ses parents, son père atteint de la maladie d'Alzheimer et les soirées rigolades avec son frère, il vit dans la solitude et le silence de sa petite maison avec son chat, nommé subtilement Adolf...parce qu'il est très méchant. Mais grâce à qui, il rencontrera Emilie, vétérinaire et sa future compagne.
Marco est loin d'être parfait, et on se glisse facilement dans sa peau. Chaque individu connaît les crises d'existentialisme, les relations avec l'être aimé pas toujours simple... Le tout fondu dans la réalité grâce aux références à l'actualité, l'histoire se déroulant pendant et après les élections présidentielles de 2002, opposant Jacques Chirac à Jean-Marie Le Pen. Pour ce célibataire endurci, sa relation avec Emilie est une nouvelle peur pour lui... Mais peut-être aussi le bout du tunnel.




Peur de la foule, nostalgie, révolte, liberté, dérision, fuite... Tels sont les fils d'Ariane tendus par Larcenet dans son oeuvre, le tout abordé avec humour et poésie. La fuite, la voie choisie par Marco. Mais l'auteur nous montre que la fuite n'est pas une défaite en soi, mais qu'elle fait partie de la lutte et n'est pas vouée à l'impasse. Pour autant, le traitement de l'histoire n'a rien de révolutionnaire. Manu Larcenet raconte (bien) une histoire banale avec un ressenti que nous avons tous et toutes vécu à un moment de notre existence. Mais il la raconte avec une telle sensibilité et une authenticité modeste que l'on ne peut rester de marbre face à ses planches.
« Le Combat Ordinaire » est à la fois drôle et bouleversant, tout en abordant des sujets graves. C'est aussi un scénario parfaitement maîtrisé, drôle et tendre, en totale osmose avec un dessin hypersensible au bonheur et à la détresse. Son trait naïf crée un contraste intéressant avec certains propos et émotions lourdes, et entre les planches de couleurs montrant la vie de Marco s'imbriquent des pages en noir et blanc illustrant ses pensées philosophiques.




« Le Combat Ordinaire », c'est une renaissance, le combat quotidien de toute personne existante face aux difficultés (ordinaires) de la vie, avec ses interrogations, ses doutes, ses hésitations, ses envies d'abandonner, mais aussi ses espoirs, qui nous redressent et nous donnent envie de nous battre, d'affronter nos peurs. Analyse sociale, relationnelle et familiale font de ce récit une oeuvre profondément humaine. Un récit loin d'être ordinaire.


Elise D.



1 commentaire:

  1. Coucou, je tenais a te faire un coucou Miss.E ^^ pour te prouver que je te lis et c'est génial.

    Mr R.G (tu as interré a me reconnaitre ou je te tires les oreilles)

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